Prix Goldman pour l’environnement

Publié le : 26/04/2018
Catégories : Articles

Les résultats 2018 du prix Goldman pour l'environnement ont été annoncés le 22 avril, comme chaque année à l’occasion de la Journée mondiale de la Terre.

Communément appelé le “Nobel de l’environnement“, le prix récompense des individus qui ont soulevé des montagnes pour défendre l’environnement localement (grassroots environmental heroes). Il est réparti en 6 zones géographiques : Europe, Amérique du Nord, Amérique centrale et du Sud, Asie, Afrique, îles et nations insulaires.

L’année 2018 fait honneur aux femmes et à la France puisque, sur 7 lauréats, 6 sont des femmes, et parmi elles, la Française Claire Nouvian (la 2e à l’être pour l’Europe, depuis la création du prix en 1989 à San Francisco). Le jury a salué la ténacité avec laquelle cette défenseure des fonds marins s’est battue pour dénoncer le chalutage en eaux profondes. Un combat qui a largement contribué à la décision d’interdire cette pratique, d’abord en France en 2015 puis au niveau européen en 2016. La Française prépare, avec l’ONG Bloom qu’elle a créée en 2005, sa prochaine lutte : faire bannir la pêche électrique.

Elle n’est bien sûr pas la seule à mener un tel combat contre des titans. La lutte de 6 autres anonymes a été mise en lumière par le prix Goldman :

- pour l’Amérique du Nord, c’est la détermination de LeeAnne Walters, cette mère au foyer de 4 enfants qui a dirigé le mouvement citoyen ayant permis de révéler la scandaleuse contamination de l’eau par le plomb à Flint (Michigan), qui a été saluée.

- pour l’Amérique du Sud, Francia Marquez, afro-colombienne, a été récompensée pour avoir organisé une marche de 80 femmes de La Toma (région de Cauca) vers la capitale Bogota, afin de faire pression sur le gouvernement et faire cesser l’exploitation illégale de l’or sur leurs terres ancestrales.

- du côté de l’Asie, le prix a honoré l’action de Khanh Nguy Thi, une Vietnamienne qui, après avoir été témoin de nombreux cancers dus à la présence d’une mine de charbon dans son village natal du nord du pays, a su mobiliser la communauté scientifique et les responsables locaux pour réduire la dépendance énergétique au charbon du Vietnam.

- pour l’Afrique, le prix a été décerné à deux femmes sud-africaines, Makoma Lekalakala et Liz McDaid, qui ont réussi à faire reconnaître par la Haute Cour que le projet d’achat de centrales nucléaires à Moscou était anticonstitutionnel. Une victoire juridique historique qui permet de protéger le pays d’une vaste expansion de l’industrie nucléaire et de la production de déchets radioactifs.

- enfin, pour les îles et nations insulaires, le prix Goldman a récompensé le Philippin Manny Calonzo, qui, face à l’ampleur de l’empoisonnement au plomb, notamment chez les enfants de l’archipel, a réussi à convaincre son gouvernement d‘interdire la production, l’utilisation et la vente de la peinture au plomb. 

Outre la belle récompense de 125 000 US$, les lauréats se sont vu attribuer le fameux trophée prix Goldman, un objet en bronze représentant un ouroboros, serpent qui se mord la queue, symbole du pouvoir de renouvellement de la nature.

Auteur de l'article : Sandrine Mouchet

Photo en couverture de l'article : - Frédéric Mouchet - Grand dauphin (Tursiops truncatus) sur la plage de Monkey Mia à Shark Bay en Australie Occidentale.

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